L’intelligence économique, c’est un peu du Picasso !

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Crédit : D. R.

La réouverture du musée Picasso de Paris donne à chacun l’occasion de (re)découvrir l’incroyable modernité de l’artiste (5000 œuvres exposées soit environ 10 % de sa production) et tendrait presque à faire oublier que ce génie visionnaire a disparu depuis quarante ans. Très bien mais quel rapport avec l’intelligence économique (IE)?
En étant quelque peu imaginatif et/ou subversif, on peut mettre en perspective trois réflexions datées de Picasso avec la réalité de l’IE.

« Un tableau ne vit que par celui qui le regarde ».
Toute culture se définit par ce qu’elle s’accorde à tenir pour réel. Chaque individu produit ses critères d’accréditation du réel, et donc de discrédit du non réel. Dans ce monde visuel, on n’oppose plus un discours à une image car l’image vaut preuve. Le visible = le réel = le vrai. Par ailleurs, contrairement aux mots, les images sont universelles et accessibles à tous, quelle que soit la langue, sans compétence ni apprentissage préalable. A l’instar de l’œuvre que l’on que l’on doit prendre le temps de contempler, le consultant doit s’astreindre à observer pour comprendre la réalité d’une situation et en extraire une vérité. Désormais « l’œil écoute ».

« S’il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire 100 toiles sur le même thème ».
La clé de voûte de l’édifice de nos croyances et nos pratiques ne repose plus sur le choix intellectuel de la vérité, ni sur le choix moral de la valeur. En abolissant le temps et l’espace, la réalité perd une partie de sa vérité : le présent est déjà dépassé. Là bas, c’est ici et ici c’est partout. Par ailleurs, la réalité peut être éclairée de mille façons différentes et pourtant justes, en tout cas défendables. La théorie contemporaine de la vérité va donc dans le sens d’un relativisme absolu. En IE aussi,  une cartographie n’est qu’une vérité parmi tant d’autres.

« Les ordinateurs sont inutiles. Ils ne donnent que des réponses ».
Il est admis que la réflexion doit précéder l’action et que le doute fait avancer. Aussi, avant d’utiliser les machines les plus performantes, les programmes les plus perfectionnés, les présentations les plus séduisantes, il convient de se poser les bonnes questions, sous peine d’obtenir les mauvaises réponses. Le Web se révèle être un outil complexifié au service d’un jugement, malheureusement toujours plus simpliste étant donné que l’affirmation (en 140 signes désormais) a pris le pas sur la démonstration. Aussi, le consultant ne doit pas négliger l’humain et la valeur de l’échange.

GUERNICA

*« Cette peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre, offensif et défensif contre l’ennemi ». Picasso

L’IE, c’est un peu du Picasso : la polyvalence, l’imagination et la finesse sont des facteurs clés, l’ouverture au monde une garantie, la remise en question permanente une assurance. L’IE, c’est à la fois surréaliste dans l’intention et très cubique dans l’expression. L’IE c’est Guernica*.

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