L’intelligence économique intégrée à une politique d’État: le cas du Sénégal

L’optimisation de la politique économique, de la sécurité alimentaire et environnementale, défis majeurs de l’État Sénégalais. Dans quelles mesures le recours à l’intelligence économique contribue-t-il au développement du Sénégal ?

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Exportation au Sénégal Haussmann, Cesar Hidalgo, et.al. Creative Commons Attribution (CC BY-SA 3.0)

En 2004, les parlementaires sénégalais ont voté une loi dite agro-sylvo-pastorale dont le but est essentiellement de promouvoir le développement de la sécurité économique, l’équité sociale et la durabilité environnementale du pays. Conscient qu’un pays ne peut émerger sans une réelle politique de management de l’information stratégique, l’État sénégalais adopte l’approche française de l’IE. Cette approche s’inspire des suggestions formulées dans le rapport de l’Assemblée parlementaire de la francophonie qui comporte les différentes définitions du concept d’intelligence économique.

Une dynamique réaliste et innovante

Afin de rattraper son retard dans la mise en œuvre d’une politique d’IE par rapport aux pays d’Afrique anglophones et au Maroc, l’État sénégalais, avec le support de l’École de guerre économique (EGE), a créé en 2008 l’École panafricaine d’intelligence économique et des stratégies (EPIES). Il a mis en place une cellule d’intelligence économique au sein du ministère des Finances et nommé un conseiller présidentiel en charge de l’IE. De plus, pour une bonne appropriation des méthodes et techniques de l’IE en entreprise, des salons et des séminaires sont organisés à l’échelle nationale.

Le gouvernement sénégalais s’est ainsi installé dans une dynamique de stratégie nationale réaliste et innovante, et de reconquête de son marché économique. On assiste à l’essor des petites et moyennes entreprises (PME), à l’augmentation de la productivité dans le secteur public et à la mise en valeur de la production locale. Si certains pays en voie de développement perçoivent l’IE comme un luxe, une affaire de pays riches, tel n’est pas le cas du Sénégal !

Quelques spécialistes… autoproclamés

Toutefois, malgré les nombreux discours sur l’IE, le Sénégal est encore loin des inspirations françaises ou américaines. En effet, le Sénégal peine encore à avoir un cadre juridique approprié et pertinent d’IE. Les principaux textes renvoient à la règlementation sur le travail des agents de recherche privé et non sur un texte propre. Le constat, c’est qu’il y a beaucoup de spécialistes, « malheureusement autoproclamés », qui en sont restés à la dimension veille et information spécialisée. En matière de conseil, des spécialistes en développement ou en assurance investissent le sujet comme une nouvelle opportunité d’affaires.

En dépit de tous les efforts consentis par l’État, le Sénégal manque de compétitivité industrielle, de protection et d’anticipation face aux menaces. Les entreprises ne s’intéressent pas efficacement à l’analyse de leurs concurrents, d’où la fermeture prématurée de beaucoup de PME et la hausse des privatisations d’entreprises publiques. L’économie du pays n’a pas encore réellement tiré profit des trois fonctions de l’IE.

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