La chasse aux drones est ouverte

De petits drones qui survolent des centrales nucléaires françaises ? Il n’en fallait pas plus pour déclencher une course à l’armement anti-drone. Tour du monde des solutions.

Le DroneDefender de la société américaine Battelle projette un faisceau éléctromagnétique pour immobiliser un drone (Credit : Battelle)

Le DroneDefender, conçu par la société américaine Battelle, projette un faisceau éléctromagnétique pour immobiliser un drone. Il est encore à l’état de prototype (Credit : Battelle)

Les récents survols des centrales nucléaires françaises par de petits drones ont suscité l’émoi des pouvoirs publics. Toutefois, le risque que représente l’utilisation malveillante des drones ne se limite pas à la France. A la fin 2014, l’armée chinoise a ainsi mobilisé un millier de soldats et des dizaines de véhicules, rien de moins, pour appréhender les utilisateurs d’un aéronef non identifié. Ce pays aurait même récemment mis au point un système anti-drones à base de rayon laser, capable d’abattre de petits engins dans un rayon de deux kilomètres. Confiante en son efficacité, la Chine compte déployer ces dispositifs dans les zones sensibles ou lors d’événements sportifs.

Un arsenal sorti de la Guerre des étoiles… ou de Robin des bois

Sur le plan militaire, les mesures anti-drones sont encore limitées. Des classiques batteries antiaériennes composées de missiles sol-air aux essais de lasers… les forces armées tentent tout contre les drones. Mais ces solutions ont une efficacité limitée. En effet, les batteries antiaériennes sont des armes inadaptées face à de petites cibles comme les drones civils. De plus, pour en revenir à la situation française, les tirs restent interdits « en direction de l’îlot nucléaire et au-dessus du site dit ‘conventionnel’.»

Des membres du Directed Energy and Electric Weapon Systems Program Office, du Naval Sea Systems Command, ont tiré au laser et détruit un drone lors d'une exercice de combat. NICHOLAS ISLAND, Californie, le 19 janvier 2010. (Crédit : US Navy photo/Released. ID 100119-N-0365D-001).

Des membres du Directed Energy and Electric Weapon Systems Program Office, du Naval Sea Systems Command, ont tiré au laser et détruit un drone lors d’une exercice de combat. NICHOLAS ISLAND, Californie, le 19 janvier 2010. (Crédit : US Navy photo/Released. ID 100119-N-0365D-001).

Les russes utiliseraient quant à eux des brouilleurs électromagnétiques censés faire perdre le contrôle des drones aux utilisateurs malveillants. Mais les premiers modèles avaient le désavantage de dérégler autant les radars et les drones ennemis que celui des russes. La solution : développer un système permettant de distinguer les cibles.

La France explore en parallèle d’autres voies. L’une d’entre elles sort tout droit du Moyen-âge : la fauconnerie ! Cet art ancestral est toujours ancré dans certaines régions françaises. Et si l’on en croit une vidéo, un faucon est tout à fait apte à neutraliser un mini-drone. Une telle arme se révélerait peu coûteuse et disponible, et ferait la promotion de l’histoire et de la culture française.

Un oiseau de proie s'en prend à un drone et le met à terre (source : Christopher Schmidt, YouTibe, 2014).

Un oiseau de proie s’en prend à un drone et le met à terre (source : Christopher Schmidt, YouTube, 2014).

Autres voies ? Des recherches portent déjà sur des drones chasseurs de drones, fonctionnant comme des auto-tamponneuses, pirates informatiques ou disposant d’une arme à leur disposition.
V.L.

(cet article fut originellement rédigé en février 2015)

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