L’intelligence émotionnelle, l’autre IE

L’intelligence émotionnelle constitue un management personnel prometteur. Elle aide à prendre les bonnes décisions stratégiques et à saisir les opportunités : bref à être plus performant. Mais le Vieux continent s’en méfie encore.

Crédit : Biologycorner / Flickr (CC BY-NC 2.0)

Crédit : Biologycorner/Flickr (CC BY-NC 2.0)

L’intelligence émotionnelle (IE) est la capacité à gérer ses émotions, principalement par la méditation (ou mindfulness). Bien qu’embryonnaires, les recherches sur l’IE semblent montrer des effets bénéfiques dû à une conscience augmentée. La prudence reste de mise.

Objet d’étude « exotique », les programmes cliniques sur l’intelligence émotionnelle ont dissipé la méfiance des scientifiques dans les années 90. Les pratiques visant à lutter contre la douleur, le stress, les troubles de l’humeur ont été élargies aux sciences cognitives, discipline dédiée à la description et à l’explication des processus de la pensée. On étudie désormais des applications sociétales de l’IE dans l’éducation, le monde carcéral, l’espace de travail, notamment dans l’industrie numérique.

Générateur de distraction, le secteur du numérique a été le premier à s’intéresser aux techniques de l’IE. Dès les années 70, Steve Jobs pratiquait la mindfulness et travaillait avec l’Esalen Institute. En 2008, Google a intégré dans sa gestion des ressources humaines un programme intitulé Search inside yourself (« cherche en toi-même »). Raillés en Europe alors que des dizaines de cadres de la Sillicon Valley pratiquent l’IE depuis plusieurs dizaines d’années, les dirigeants français osent rarement avouer qu’ils travaillent l’IE.

Pourquoi méditer ?

Cicéron définissait la méditation comme « une arme de combat ». Il est vrai que l’IE n’est pas un exercice de repos, mais une action de rupture. En s’isolant quotidiennement, l’IE permettrait d’améliorer certaines fonctions cérébrales : optimisation de la capacité de concentration, régulation du stress, prise de recul, développement de l’empathie, appréhension des contraintes et obstacles comme autant de chances et opportunités. Les scientifiques découvrent que l’IE améliore l’intelligence situationnelle, donc aide à prendre les bonnes décisions stratégiques et à saisir les opportunités : bref à être plus performant.

L’IE apparaît donc comme un type de management personnel aussi séduisant (outil de communication innovant et/ou instrument de persuasion massive) que confidentiel, dont il convient de ne pas occulter les possibles déviances. En effet, il n’est pas exclu que l’IE soit pervertie par l’obsession de la performance professionnelle. De même, certains auront pour objectif de développer le contrôle de soi pour mieux manipuler ou influencer l’autre et ainsi acquérir une autre IE, l’intelligence de l’escamotage.

LBN

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