Quand les robots s’immergent dans l’intelligence économique

Comment l’industrie de la robotique française a utilisé les bonnes pratiques de l’intelligence économique pour développer sa filière.

Un des robots conçus par la société maconnaise Wall Ye (Crédit : Wall Ye).

Un des robots conçus par la société maconnaise Wall Ye (Crédit : Wall Ye).

En mai 2013, la France se penche sur la développement de la robotique dans le domaine des PME/ETI en lançant le programme France Robots Initiatives, dont la vitrine est baptisée Robot Start PME). Le gouvernement crée ainsi le premier fond capital risque, crédité de 100 millions d’euros,  dédié à la robotique afin de faire de l’Hexagone un des leaders mondiaux de ce secteur à l’horizon 2020. Mais pour en arriver là, les acteurs français de ce secteur ont déployé leurs stratégies en utilisant trois piliers de l’intelligence économique (IE) : l’offensive, le défensive et l’influence. Retour sur cette expérience.

A la conquête des niches

Face aux grands industriels asiatiques et américains, les PME/ETI françaises de la robotique ont choisi de passer à l’offensive. Elles ont notamment mis en place des veilles sociétales, formelles par l’utilisation d’outils ou informelles par une immersion dans le marché, afin de mieux anticiper les futures tendances. Des niches ont ainsi pu être détecté, conduisant à la création de structures dans des domaines aussi divers que la médecine (avec Medtech), ou sur le le marché prometteur des « robots humanoïdes compagnons et assistants personnels » (Projet ROMEO).

La protection comme assise

Pour ces entreprises, il ne s’agit pas juste de créer des niches, mais de s’y maintenir. Des démarches défensives ont alors été menées autour de la question de la propriété intellectuelle et de la protection de leur savoir-faire. Des initiatives soutenues par des politiques territoriales fortes, que ce soit au niveau national avec la D2IE ou des actions locales menées par exemple par la gendarmerie.

Action d’Influence

Pour asseoir la robotique en France, le secteur avait également besoin d’un engagement gouvernemental solide. C’est sous les actions combinées de différents acteurs de ce secteur – professionnels, syndicats, groupements, think tanks – que le Fond pour la robotique a pu être lancé le 13 mars 2013 . Les initiatives menées parallèlement par le Syndicat des entreprises et technologies de production (Symop), visant à changer un préjugé tenace (« les robots tuent l’emploi ») ou la sortie du rapport Gallois décrivant la robotique comme secteur d’avenir, ont permis le lancement de ce plan national. Et pendant ce temps, l’IE, elle-même, se robotise…

février 2015

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