L’intelligence économique : outil d’Etat au service de la performance sportive

La surveillance de l’information sportive s’est démocratisée au sein des fédérations nationales, notamment en France avec le concours actif de l’Etat. De là à demander à James Bond de troquer son smoking pour un survêtement… il n’y a qu’un pas.

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Le sport, terrain de jeu et d’innovation pour l’intelligence économique. Crédit : Pixabay.

Le sport, terrain de jeu et d’innovation pour l’intelligence économique. Crédit : Pixabay.

Le sport, terrain de jeu et d’innovation pour l’intelligence économique. Crédit : Pixabay.

Face à une concurrence internationale qui bénéficie de moyens grandissants, la France a opté pour une tactique de collecte d’informations, en complément de la préparation classique de ses athlètes. Sous la houlette de l’ancien judoka Fabien Canu, directeur de la Préparation olympique et paralympique (POP) de 2006 à 2010, la France a donc mis en place une cellule de veille ayant la charge de déceler les progrès dans les techniques et les technologies des autres nations.
Pour parvenir à ses fins, la POP a surveillé au mieux les données librement accessibles sur Internet. Pour ce faire, organisme a passé un contrat avec la société AMI Software pour 100 000 euros afin d’établir une plateforme de veille dédiée à la performance sportive et les nouvelles méthodes de performance. Par ce biais, la POP a chargé deux observateurs de surveiller à plein temps les informations spécifiques, les rapports gouvernementaux, des sites Web et des archives des autres pays.
Résultat de cette veille stratégique, l’organisme a notamment préconisé aux fédérations sportives françaises de mettre en place un processus de récupération physique utilisé à l’origine par les rameurs australiens : la cryothérapie. Quant aux résultats purement sportifs, la France a récolté 41 médailles lors des Jeux olympiques de Pékin. Une réussite pas seulement due « à la chance » expliquait Fabien Canu au New York Times en juillet 2012.

Surveiller et anticiper les pratiques adverses

Certainement convaincue des résultats de la POP, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Inseep) a renforcé la mission initiale de veille informationnelle en créant une nouvelle structure, la Mission d’optimisation de la performance (MOP) des fédérations nationales olympiques et paralympiques.
Dirigée depuis 2013 par Dominique Latterrade, cette mission a la charge de poursuivre le travail initié par la POP dans un contexte de préparation des sportifs français en vue des prochains Jeux olympiques qui auront lieu à Rio de Janeiro en 2016.
Pionnière dans l’exercice, la France a été l’une des premières nations à utiliser l’intelligence économique pour surveiller et anticiper les pratiques adverses dans le monde du sport. La prochaine étape pour les équipes de veille stratégique de l’Inseep : aider Paris à décrocher l’organisation des Jeux olympiques 2024.

Thomas Kebbouche

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