Data mining is watching you

La collecte et l’analyse des données permettent aux entreprises de mettre en place des algorithmes favorisant l’apparition d’un marketing personnalisé. Cette technologie, utile au quotidien, pourrait cependant aider à contourner les règles de protection des données personnelles.

Crédit Pixabay (CCO)

Crédit Pixabay (CCO)

Les objets connectés ne doivent plus désormais être considérés comme un domaine émergeant mais bien comme émergé. Au-delà des attaques dont ils peuvent faire l’objet, il faut aussi tenir compte du profilage induit par le traitement des données qu’ils collectent. De fait notre quotidien et notre vie privée sont impactés par de nouvelles problématiques juridiques dont la propriété des données est le problème central.
Avec 42% de la population mondiale connectée, ce sont 144 milliards de mails qui sont échangés quotidiennement et 30 giga-octets publiés chaque seconde. Parallèlement, 66% des français se déclarent prêts à partager des données anonymisées.
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Le mouvement Quantified Self  est apparu en France lorsque le site d’information 20minutes.fr proposa Se Coacher, le premier magazine en ligne consacré à ce sujet. Les mois suivants, Axa assurances proposa à 1000 clients de mesurer certains paramètres personnels, promettant, en fonction des résultats collectés, des avantages financiers.
Cependant, sous prétexte de connaître nos besoins et nos modes de vie, le data mining rend désormais possible la « désanonymisation » de nos transferts. Comme l’exprime la CNIL, « la captation et l’exploitation de données triviales, voire insignifiantes par elles-mêmes » sont susceptibles de déboucher sur de réelles atteintes à la vie privée : obtention de corrélations, de ressemblances et de profils types. Hormis l’anticipation de pandémies ou de maladies, cette démarche prédictive est pour l’heure largement commerciale (annonces et publicités ciblées) mais, à terme, l’identification d’une personne pourrait être possible.

Les enjeux de la collecte des données

Conscients de l’enjeu, les GAFA et autres NATU développent déjà des outils de collecte d’informations personnelles (HealthBox, ResearchKit ou Healthkit). Qu’adviendra-t-il le jour où certains, telles que les assurances ou les mutuelles, utiliseront l’analyse des données personnelles pour proposer des contrats personnalisés ? Couplées aux données recueillies par les thermomètres, tensiomètres, pompes à insuline, montres connectés, il n’est pas insensé de penser que de telles bases de données soient en cours de constitution.
Comme l’exprime Jérémie Zimmermann, militant européen des droits et libertés à l’ère du numérique : « Si les individus comprenaient cette réalité et l’architecture des systèmes de communication qu’ils utilisent, ils arrêteraient purement et simplement de le faire ».

Il revient donc à chacun de suivre les recommandations de la CNIL consistant à ne pas automatiser de partage, d’effacer ou de récupérer les données dès l’arrêt d’un service et, en cas de partage de données médicales, de s’assurer de la fiabilité du dispositif utilisé.
J. A.

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