L’Afrique, un continent d’avenir pour l’intelligence économique ?

Continent ayant reçu le plus d’investissements directs à l’étrangers en 2015, l’Afrique est devenu le continent d’avenir vers lequel se tournent les puissances mondiales et émergentes. Une aubaine pour le secteur de l’intelligence économique…

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Guy Gweth, ancien élève de l’Ecole de Guerre Economique, fondateur de Knowdys, un des meilleurs cabinets d’intelligence économique en Afrique. Crédit : Benjamin OMBE / Wikipédia (CC BY-SA 4.0)

Le marché français de l’intelligence économique (IE) est tellement concurrentiel, que l’on peut se demander si des opportunités se présentent ailleurs. Le continent africain est une destination de choix, d’autant qu’il accuse une croissance soutenue d’environ 5,5 % par an depuis 2009 (selon la Banque mondiale). En 2015, le continent a reçu le plus d’investissements directs à l’étrangers (IDE) après l’Amérique du Nord, soit 60 milliards de dollars. Mais les opportunités d’affaires sur le marché africain ne peuvent se concrétiser sans la connaissance des enjeux locaux. En ce sens, les cabinets d’IE ont totalement leur place pour accompagner les entreprises étrangères mais aussi locales dans leur prospection en leur fournissant des études de marchés ou encore des services de due diligence indispensables.
La bancassurance constitue un des secteurs les plus dynamiques. A ce titre, le cabinet d’intelligence économique Jankari Consulting a lancé une base de données payante, la Smart Data Africa, qui recense les données des directeurs de ressources humaines du secteur en Côte d’Ivoire et au Sénégal afin de faciliter l’accès des investisseurs à ces informations.

Du lobbying pour accompagner l’émergence africaine

Du côté africain, l’émergence ne peut se réaliser pleinement que par une volonté commune des états africains à s’unir et à communiquer ensemble pour pouvoir être entendus là où les décisions se prennent (Nations-Unies, Union Européenne, etc.). Un véritable besoin existe au niveau du lobbying africain. L’Afrique peine à se faire entendre malgré tout son potentiel. Comme le mentionne la directrice de Meridia Partners (agence de lobbying et de communication stratégique spécialisée dans les relations entre les organisations africaines et les institutions européennes à Bruxelles), le continent n’a pas été capable de se défendre en termes d’image et de communication lors de la crise d’Ebola en 2014. Quand cette dernière ne touchait que 3 pays sur 54, toute l’Afrique était, aux yeux du monde entier, concernée. Ce qui a entrainé une baisse globale des investissements.
Les besoins en matière d’IE s’accompagnent de besoins en compétences dont peut disposer la diaspora africaine. Les professionnels spécialisés en IE de la diaspora africaine ont tout intérêt à participer au mouvement car ils possèdent un profil hybride, qui combine une connaissance des spécificités de l’Afrique et des expériences acquises à l’étranger. Ils ont alors le choix de, soit intégrer les cabinets occidentaux qui y sont implantés et donc apporter leur expertise sur l’Afrique, soit créer leur propre cabinet grâce à leur réseau et aux compétences qu’ils ont acquises en dehors de l’Afrique.

L.R

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