La veille au service de la recherche scientifique en science politique

 

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Les partis politiques en 2015. Crédit : Alliance Française de Bichkek. Disponible sur : http://www.afbichkek.kg/?page_id=126.

Pourquoi les universitaires devraient s’emparer d’outils de veille dans leurs études portant sur l’évolution de l’offre des partis politiques.

La plupart des recherches sur l’évolution des programmes politiques portent sur les changements des manifestes proposés par les partis et leurs candidats, notamment ceux élaborés lors des campagnes présidentielles. Les chercheurs s’appuient régulièrement sur le Comparative Manifesto Project (CMP), outil ayant pour but de recenser l’évolution de l’offre des partis de plus de 50 pays, depuis 1945.
Pour ce faire, les initiateurs du CMP codent les phrases des manifestes qu’ils attribuent à des catégories (environnement, justice, etc.), pour ensuite mesurer le poids de chaque catégorie dans l’ensemble du manifeste et ainsi déterminer l’évolution de l’importance de certains enjeux (sécurité, chômage, etc.) pour un parti politique. In fine, ce travail permet de caractériser une évolution du parti sur une échelle gauche-droite dans le temps. Bien que le CMP présente des intérêts non négligeables, des réserves surgissent.
Tout d’abord, ce projet ne prend pas en compte le discours des personnalités politiques. Un manifeste ne saurait être représentatif du discours des hommes et des femmes politiques tant au sein de l’arène institutionnelle qu’en dehors. Se couper des paroles des élites demeure problématique dans le désir de démontrer une évolution de l’offre d’un parti. Lors de la campagne présidentielle de 2007, la thématique sécuritaire est abordée sur une seule page dans le manifeste de l’UMP alors que Nicolas Sarkozy n’a cessé, lors de ses meetings, de matraquer des idées sécuritaires.
De surcroît, le CMP ne tient pas compte des évolutions dans le temps des actions législatives des partis. Il convient de rappeler que les citoyens prennent en compte le passé législatif des individus investis par un parti, pour le mettre en confrontation avec le discours qu’entretient le candidat. Ainsi, évincer la législation produite ou votée chez une élite politique reste paradoxal dans le désir de cerner l’évolution de l’offre d’un parti.

La veille comme moyen de caractériser le discours et les actions législatives

La mise en place d’une veille sur un candidat permettrait de dépasser ces inconvénients. Une veille sur les réseaux sociaux favoriserait la prise en compte du discours des élites à travers en premier lieu la communication directe (tweets, statuts Facebook, etc.) et la communication indirecte (les interventions médiatiques des acteurs politiques sont présentes sur leurs profils sur les réseaux sociaux). En outre, des veilles militantes sur différents partis et candidats préexistent comme l’illustre le projet l’entente, à travers sa veille sur le Front National.
La seconde limite peut être dépassée par la mise en place d’une veille législative. Les différents flux RSS mis à disposition par le site du Sénat sont des instruments efficaces pour suivre l’actualité législative d’une élite. Dans une autre mesure, des veilles existent sur l’activité des députés à l’instar du site nosdéputés.fr. Dès lors, combiner un exercice de veille aux données fournies par le CMP favoriserait une analyse plus fine de l’évolution de l’offre des partis.

PVL

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