Esprit de l’intelligence économique, es-tu là ?

Le consultant en intelligence économique est (trop) souvent confronté à la question de la définition de son métier. Pour tenter d’y répondre, l’intelligence collective historique peut nous être d’un grand secours.

L'Ecole d'Athènes

L’Ecole d’Athènes par Raphaël, 1511 (domaine public)

Protéiforme, l’intelligence économique n’est pas aisée à définir. Qui s’est essayé à cet exercice sait qu’il est acrobatique d’expliquer de quoi il retourne tout en maintenant un haut niveau d’intérêt chez son interlocuteur. Or, l’intelligence économique est un état d’esprit. Et de l’esprit, certains de nos ancêtres n’en manquaient pas. Faisons donc appel à leurs mots les plus fins pour caractériser, si ce n’est précisément, du moins de façon spirituelle, ce qu’est cette matière.

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Le chargé de veille face à la mort (de ses outils)

Il est neuf heures du matin. La plupart des travailleurs sont déjà au bureau. Pas le chargé de veille. Comme trop souvent, il est endeuillé, et se demande si la vie a encore un sens.

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Enroulé dans ses couvertures, la bouche pâteuse et le crâne douloureux, il n’a pas dormi. Sa nuit, il l’a passée dans son salon – qui fait également office de cuisine et de salle de bain, nous parlons d’un chargé de veille – à boire du mauvais whisky en proférant des insanités. En cause ? La fermeture de son troisième agrégateur en six mois.
Confronté en permanence aux regards dubitatifs s’interrogeant sur son utilité, voire son identité, le chargé de veille est souvent condamné à jongler, avec un peu d’amateurisme et beaucoup de débrouillardise, entre des outils gratuits plus ou moins performants.

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Le big data : du service à l’asservissement

Entre déterminisme et soumission volontaire, les données de masse interrogent nos libertés fondamentales. Des préoccupations toutes philosophiques !

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Crédit : Jeremy Keith (CC BY 2.0)

« Nous fabriquons ces calculateurs, mais en retour ils nous construisent », avertit le sociologue Dominique Cardon. Il paraît urgent de dépasser notre fascination pour l’efficience du big data dans différentes filières. Ici, des CV sont analysés par des robots, tandis que la masse salariale est pilotée par des algorithmes censés anticiper les départs à la retraite. Là, dans l’aéronautique, les données massives et connectées entraînent une baisse considérable du temps d’identification et de localisation de l’origine d’une panne. Quant à nous, flattés dans nos goûts par les suggestions personnalisées issues des bases de données, nous consommerions plus et mieux.
En somme, les données de masse seraient de meilleures données, pour optimiser la gestion des risques : « big data is better data ». Ainsi, jusque dans les institutions, on voudrait pouvoir se reposer sur les algorithmes pour prévenir la criminalité, aux Etats-Unis comme en Europe.

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Les microprocesseurs : outils de guerre électronique

Les pirates peuvent aussi se cacher dans la machine. Éléments plus sensibles qu’il n’y parait, les microprocesseurs sont parfois conçus pour laisser ouvertes des portes dérobées ou bloquer le fonctionnement des ordinateurs. Qui s’en soucie ?

Les différentes manières de piéger un microprocesseur (crédit : IEEE Spectrum).

Les différentes manières de piéger un microprocesseur (crédit : IEEE Spectrum).

Les secteurs d’applications des microprocesseurs sont aussi vastes que les télécoms, le bancaire, l’informatique, l’aérospatial. Ils sont utilisés dans les cartes Sim, les circuits intégrés des satellites, les cartes bancaires, ils génèrent des clés de chiffrage, etc…

Au quotidien, les microprocesseurs sont présents dans tous les objets que nous utilisons, mais que se passerait-il si finalement une entité étatique ou privée venait à modifier ces circuits afin de pouvoir contrôler leur fonctionnement après leur fabrication ?

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Petits espionnages entre amis

La frontière entre intelligence économique et espionnage est, quoi qu’on en pense, très mince. Plongée de l’autre côté de la barrière.

Crédit : Unsplash / Pixabay (CC0).

Crédit : Unsplash / Pixabay (CC0).

Recourir aux services de renseignements pour le compte de grandes entreprises, ça ne se fait pas, c’est vrai. Surtout entre « amis ». Les cas révélés au grand public sont de plus en plus nombreux (merci Wikileaks), ce qui permet à chacun de plus ou moins s’offusquer, crier au loup, s’insurger vent debout devant le manque de moralité apparent de nos « amis » américains ou allemands, ou vice et versa.

Dernier exemple en date impliquant des entreprises françaises et européennes : celui de la BND (Bundesnachrichtendienst, services secrets allemand) qui a espionné, via le réseau du groupe de télécommunication allemand Deutsche Telekom, de hauts fonctionnaires et hauts responsables d’entreprises françaises et européennes pour le compte de la NSA (National Security Agency, services secrets américains).

Un contrat entre Deutsche Telekom, le BND et la NSA a même été signé le 1er mars 2004. Depuis cette date, Deutsche Telekom « s’engage à intercepter, à l’insu des câblo-opérateurs, tels que France Télécom, le flux massif de données de communications transitant sur son territoire. » Pas très légal.

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La veille stratégique entre segmentation et inclusion

Segmenter les besoins d’informations stratégiques pour éviter les fuites ou les confier dans leur globalité aux veilleurs pour améliorer les résultats de leur travail ? Un dilemme qui tétanise un grand nombre d’entreprises. 

Crédit : H9Stock

Crédit : H9Stock

Outre les indispensables logiciels, la mise en place d’une veille dépend de choix humains.  La question du caractère inclusif ou segmenté de la structure se pose alors. Le veilleur fait-il remonter de l’information mécaniquement, sans vraiment savoir s’il elle est adaptée et utile ? A l’inverse, est-il au fait des priorités stratégiques et s’imprègne-t-il des enjeux majeurs de l’entreprise afin d’optimiser ses recherches ?

Le décloisonnement comme oxygénation managériale

On sait que la segmentation érigée en mode de fonctionnement est une caractéristique majeure des services de renseignements, afin d’éviter qu’un échelon donné en « sache trop » et que seule une petite équipe décisionnelle garde la vision d’ensemble.

A moins d’être motivé par une indispensable confidentialité, la segmentation de l’information en entreprise conduit à une absence de vision globale et s’apparente à un manque d’oxygène pour le veilleur, qui peine alors à comprendre les subtilités de l’environnement dans lequel il évolue. S’il manque d’informations, le veilleur peine à saisir le sens et l’utilité de son travail. A l’inverse, sa motivation sera renforcée par une bonne compréhension des enjeux de sa structure, et donc des exigences et objectifs de sa veille.

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Quand les robots s’immergent dans l’intelligence économique

Comment l’industrie de la robotique française a utilisé les bonnes pratiques de l’intelligence économique pour développer sa filière.

Un des robots conçus par la société maconnaise Wall Ye (Crédit : Wall Ye).

Un des robots conçus par la société maconnaise Wall Ye (Crédit : Wall Ye).

En mai 2013, la France se penche sur la développement de la robotique dans le domaine des PME/ETI en lançant le programme France Robots Initiatives, dont la vitrine est baptisée Robot Start PME). Le gouvernement crée ainsi le premier fond capital risque, crédité de 100 millions d’euros,  dédié à la robotique afin de faire de l’Hexagone un des leaders mondiaux de ce secteur à l’horizon 2020. Mais pour en arriver là, les acteurs français de ce secteur ont déployé leurs stratégies en utilisant trois piliers de l’intelligence économique (IE) : l’offensive, le défensive et l’influence. Retour sur cette expérience.

A la conquête des niches

Face aux grands industriels asiatiques et américains, les PME/ETI françaises de la robotique ont choisi de passer à l’offensive. Elles ont notamment mis en place des veilles sociétales, formelles par l’utilisation d’outils ou informelles par une immersion dans le marché, afin de mieux anticiper les futures tendances. Des niches ont ainsi pu être détecté, conduisant à la création de structures dans des domaines aussi divers que la médecine (avec Medtech), ou sur le le marché prometteur des « robots humanoïdes compagnons et assistants personnels » (Projet ROMEO).

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