Le big data : du service à l’asservissement

Entre déterminisme et soumission volontaire, les données de masse interrogent nos libertés fondamentales. Des préoccupations toutes philosophiques !

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Crédit : Jeremy Keith (CC BY 2.0)

« Nous fabriquons ces calculateurs, mais en retour ils nous construisent », avertit le sociologue Dominique Cardon. Il paraît urgent de dépasser notre fascination pour l’efficience du big data dans différentes filières. Ici, des CV sont analysés par des robots, tandis que la masse salariale est pilotée par des algorithmes censés anticiper les départs à la retraite. Là, dans l’aéronautique, les données massives et connectées entraînent une baisse considérable du temps d’identification et de localisation de l’origine d’une panne. Quant à nous, flattés dans nos goûts par les suggestions personnalisées issues des bases de données, nous consommerions plus et mieux.
En somme, les données de masse seraient de meilleures données, pour optimiser la gestion des risques : « big data is better data ». Ainsi, jusque dans les institutions, on voudrait pouvoir se reposer sur les algorithmes pour prévenir la criminalité, aux Etats-Unis comme en Europe.

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Petits espionnages entre amis

La frontière entre intelligence économique et espionnage est, quoi qu’on en pense, très mince. Plongée de l’autre côté de la barrière.

Crédit : Unsplash / Pixabay (CC0).

Crédit : Unsplash / Pixabay (CC0).

Recourir aux services de renseignements pour le compte de grandes entreprises, ça ne se fait pas, c’est vrai. Surtout entre « amis ». Les cas révélés au grand public sont de plus en plus nombreux (merci Wikileaks), ce qui permet à chacun de plus ou moins s’offusquer, crier au loup, s’insurger vent debout devant le manque de moralité apparent de nos « amis » américains ou allemands, ou vice et versa.

Dernier exemple en date impliquant des entreprises françaises et européennes : celui de la BND (Bundesnachrichtendienst, services secrets allemand) qui a espionné, via le réseau du groupe de télécommunication allemand Deutsche Telekom, de hauts fonctionnaires et hauts responsables d’entreprises françaises et européennes pour le compte de la NSA (National Security Agency, services secrets américains).

Un contrat entre Deutsche Telekom, le BND et la NSA a même été signé le 1er mars 2004. Depuis cette date, Deutsche Telekom « s’engage à intercepter, à l’insu des câblo-opérateurs, tels que France Télécom, le flux massif de données de communications transitant sur son territoire. » Pas très légal.

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L’intelligence économique : moteur de la Côte d’Ivoire

Le concept d’intelligence économique se répand en Côte d’Ivoire et contribue activement à l’objectif de marché émergent à l’horizon 2020.

Le centre des affaires d'Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire.

Le centre des affaires d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Crédit: Koko Taillé / Flickr (CC BY-NC 2.0).

L’intelligence économique (IE), dispositif coordonné de collecte, d’analyse, de diffusion et de protection de l’information utile aux décideurs en vue de créer de la valeur et réduire les risques, peut jouer un rôle déterminant pour permettre à la Côte d’Ivoire d’accéder au statut de marché émergent d’ici à 2020. Les professionnels de l’IE l’ont bien compris, notamment Jean-Michel Lavoizard, fondateur du cabinet Aris-Intelligence ou Marc Amand, directeur associé d’Ileads Consulting, pour ne citer qu’eux. En effet, les autorités ivoiriennes sont confrontées à des défis structurels notamment la poursuite de l’amélioration du climat des affaires, un secteur financier plus actif et innovant pour accompagner le secteur privé et le renforcement des capacités des TPE/PME.

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Cogi’tec : un exemple alsacien d’intelligence économique mutualisée

Arrêtons de penser l’intelligence économique individuellement, mutualisons les efforts !

© http://cogito.alsaeco.comCogi’tec est une plate-forme mutualisée entre pôles de compétitivité alsaciens visant à mettre en place un programme de veille et d’intelligence économique. Cet outil doit permettre aux entreprises participantes d’accéder à des informations stratégiques permettant par exemple de se placer sur de nouveaux marchés et améliorer leur compétitivité.

Chaque entreprise, quelle que soit sa taille, aurait intérêt à surveiller l’évolution de son secteur d’activité, de veiller son marché, d’identifier les concurrents ou encore être sûrs de la solvabilité d’un partenaire. Souvent pensé individuellement par chaque dirigeant d’entreprise, l’intelligence économique requiert beaucoup d’investissements. Il faut en effet procéder à un audit, élaborer les besoins réels de l’entreprise en termes de recherches d’information et ensuite analyser les informations pour en ressortir les signaux faibles bénéfiques à l’entreprise. Les coûts financiers ainsi que les contraintes de temps sont souvent critiques pour les petites entreprises aux moyens financiers limités et qui n’ont pas accès à des experts pouvant les aider à mettre en place un projet d’intelligence économique.

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L’intelligence territoriale au-dessus des nuages

Depuis 2005, le pôle de compétitivité Aerospace Valley regroupe les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées autour d’un même enjeu : élever ce territoire au rang de leader mondial dans le domaine de l’aéronautique, de l’espace et des systèmes embarqués. Un défi pleinement réussi.

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Juillet 2014: l’A330 Neo, le dernier-né de la gamme Airbus, prend son envol. Crédit : Airbus.

Il est vrai que les chiffres laissent rêveur… Premier secteur exportateur en France, l’aéronautique représente 320 000 emplois au niveau national et une croissance de 9% en 2013. Dans le Sud-Ouest, c’est avant tout près de 126 500 emplois que l’Insee estime directement concernés par cette filière.

Au-delà d’un carnet de commande bien rempli, le succès de la filière aéronautique dans le Sud-Ouest s’explique également par l’engagement de l’État et des deux régions partenaires, Aquitaine et Midi-Pyrénées. Cet engagement s’opère par le biais du pôle de compétitivité Aerospace Valley.

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L’intelligence économique, c’est un peu du Picasso !

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Crédit : D. R.

La réouverture du musée Picasso de Paris donne à chacun l’occasion de (re)découvrir l’incroyable modernité de l’artiste (5000 œuvres exposées soit environ 10 % de sa production) et tendrait presque à faire oublier que ce génie visionnaire a disparu depuis quarante ans. Très bien mais quel rapport avec l’intelligence économique (IE)?
En étant quelque peu imaginatif et/ou subversif, on peut mettre en perspective trois réflexions datées de Picasso avec la réalité de l’IE.

« Un tableau ne vit que par celui qui le regarde ».
Toute culture se définit par ce qu’elle s’accorde à tenir pour réel. Chaque individu produit ses critères d’accréditation du réel, et donc de discrédit du non réel. Dans ce monde visuel, on n’oppose plus un discours à une image car l’image vaut preuve. Le visible = le réel = le vrai. Par ailleurs, contrairement aux mots, les images sont universelles et accessibles à tous, quelle que soit la langue, sans compétence ni apprentissage préalable. A l’instar de l’œuvre que l’on que l’on doit prendre le temps de contempler, le consultant doit s’astreindre à observer pour comprendre la réalité d’une situation et en extraire une vérité. Désormais « l’œil écoute ». Lire la suite